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vendredi 15 juin 2018

#histoiresexpatriées 8 / la langue


J'étais impatiente de participer à ce nouveau rendez-vous des Histoires Expatriées organisé par Lucie, expatriée à Venise, puisqu'il aborde un thème qui prend plusieurs formes dans mon quotidien : la langue. En tant qu'expatriée en Angleterre, l'anglais est la langue qui prédomine dans ma vie ; cependant elle n'est pas seule puisque je passe une bonne partie de mon temps à étudier l'espagnol à la fac ! Aujourd'hui, j'ai décidé d'aborder ce thème en vous parlant de mon histoire avec les langues et enfin de mon rapport aux différentes langues que côtoie tous les jours.


Mon amour de toujours : l'anglais


Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours adoré l'anglais. Avant de commencer cette langue au collège, je prenais des cours en groupe avec d'autres élèves en primaire, difficile d'y échapper avec une mère prof d'anglais ! Lorsque je suis arrivée au collège justement, les cours m'ont tout de suite plu et je prenais plaisir à apprendre la grammaire et les conjugaisons (pour vous donner une idée, j'adorais les verbes irréguliers, et j'apprenais des colonnes entières de vocabulaire pendant les vacances). Je trouvais ça tellement facile ! C'est également pendant cette période que j'ai commencé à regarder des séries télé type Pretty Little Liars et The Vampire Diaries, qui m'ont encore plus donné envie d'apprendre et de parler cette langue. Je pense que commencer à regarder ces séries jeune a été un réel avantage pour moi et a très très largement contribué la maîtrise que j'aie de l'anglais aujourd'hui (on est tous d'accord, ce n'est pas uniquement à l'école que l'on apprend une langue). 

Lorsque je suis arrivée au lycée, mon amour de cette langue n'a pas faibli je me suis très vite hissée dans les premiers de la classe, un classement qui m'a suivi en première et en terminale. Mon lycée était un lycée international, avec beaucoup d'étudiants anglophones, et c'est vraiment grâce à mes amis anglophones que j'ai réussi à développer une confiance en ma capacité à parler anglais. C'est très naturellement que j'ai décidé que je ferai de l'anglais à la fac, et c'est encore plus naturellement et avec beaucoup de la confiance que je viens d'évoquer que j'ai pris la décision de postuler dans des universités britanniques pour faire mes études supérieures après une année d'enfer à la fac française (je dédierai peut-être un article complet sur ce cheminement, parce qu'il y en a des choses à dire !).

Le coup de foudre tardif : l'espagnol


Étonnamment, mon rapport à l'espagnol est complètement différent de celui que j'ai avec l'anglais. J'ai commencé l'espagnol au collège, en quatrième, et pour tout vous avouez je détestais ça ! Rien ne m'attirait dans cette langue, je n'avais aucune affinité avec elle. Même si au début, il était plutôt facile d'apprendre certaines choses grâce à sa similitude avec le français, la grammaire et le vocabulaire sont devenus progressivement plus durs et j'ai fini par décrocher complètement en arrivant au lycée. 

Et puis en terminale, dans un sursaut de bon sens, histoire de ne pas complètement rater les épreuves orale et écrite du bac, je me suis penchée sur le sujet et j'ai commencé à m'intéresser plus à l'histoire des pays dont la langue principale est l'espagnol, ainsi qu'à la langue elle-même, en appliquant une technique qui avait déjà fait ses preuves pour l'apprentissage de l'anglais, mais que j'avais été trop paresseuse pour essayer avant : regarder des séries en espagnol. Et c'est cette simple action qui a complètement changé mon regard sur cette langue. J'ai découvert que l'espagnol était une langue aux sons mélodiques, au vocabulaire très riche et à la grammaire pas si compliquée que ça finalement ! Ça a vraiment été un coup de foudre, dès le premier épisode de Gran Hotel. Une fois sortie du cadre scolaire, elle était plus attrayante, moins barbare. Et après quelques semaines j'étais sûre de moi : il fallait absolument que je continue l'espagnol pendant mes études supérieures !

(Si ça vous intéresse, j'ai quand même fini avec un 19 au bac en espagnol. Quand même).

Gérer le français, et deux langues étrangères


C'est là que les choses se compliquent : gérer ces trois langues n'est pas une chose à laquelle j'excelle particulièrement, surtout depuis que je me suis expatriée dans un pays dont la langue principale n'est pas le français.

Même si le français reste ma langue maternelle, tout chez moi se fait en anglais maintenant. Je pense en anglais (sauf quand je compte, c'est marrant), je rêve en anglais, j’interagis avec les gens en anglais. Mon petit ami est anglais. L'anglais est devenu la langue dominante de ma vie. Lorsque je suis dans une situation ou je dois parler en français, c'est le franglais qui prédomine, et je dois souvent chercher mes mots. Je traduis parfois littéralement mes pensées de l'anglais au français (ce qui donne la plupart du temps des phrases incompréhensibles !). Les deux langues se mélangent, je n'arrive pas à les compartimenter. J'essaye cependant de m'adapter au maximum au pays dans lequel je suis : par exemple, lorsque je suis en Angleterre, j'écris dans mon planner en anglais, mais lorsque je suis en France je fais l'effort de tout écrire en français.

J'ai passé des heures et des heures lorsque j'étais au lycée à me parler à voix haute en anglais pour me débarrasser de mon accent français. Au début, j'imitais l'accent américain, mais très vite après avoir commencé à regarder des séries britanniques, j'ai eu un coup de cœur pour ces accents et j'ai vite changé de cible, tant et si bien qu'en un rien de temps, je parlais un anglais britannique RP presque parfait, personne n'aurait pu deviner que j'étais française (aucune vantardise de ma part ! Un de mes amis anglais m'a avoué que lorsqu'il m'a rencontré pour la première fois, il pensait que je venais du Kent ! Ça m'a bien fait rire). Alors évidemment tout n'est pas parfait, lorsque je suis fatiguée, après une longue journée, je fais des fautes de grammaire ou de vocabulaire assez basiques, et même parfois je prononce mal certains mots lorsque je parle trop vite (un moment mémorable est lorsqu'au lieu de dire booking, je l'ai prononcé bewking... j'en entends encore parler).

Si le français et l'anglais, malgré quelques mishaps linguistiques, sont des langues que j'ai toujours parlées plus ou moins naturellement, avec l'espagnol c'est malgré tout une autre histoire. J'étudie cette langue à la fac à Leicester, et après plusieurs mois de réflexions, j'ai décidé il y a peu que je voulais faire de cette langue mon métier, en étudiant l'histoire et la littérature espagnole intensivement, ainsi que les subtilités de la langue. De ce fait, même si je prends beaucoup de plaisir à l'étudier, que je l'aime énormément, comme j'ai commencé à m'y mettre sérieusement beaucoup plus tard que pour l'anglais, elle est plus difficile à assimiler. Mon rapport à cette langue est moins naturel, plus académique. J'aimerai vraiment que ça change, et atteindre un niveau en espagnol qui égale mon niveau en français et en anglais. Je pense que ce ressenti changera l'année scolaire prochaine, puisque je pars en Erasmus à Saragosse, et je pense que passer une année à ne parler qu'espagnol ne sera que bénéfique !


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