http://www.leicestershire-fire.gov.uk/

Alors que j'ai entamé mon année Erasmus, j'ai réalisé qu'il serait bien temps que je vous parle de mes études supérieures. C'est un sujet que je n'ai encore jamais abordé en détails sur le blog, alors qu'elles sont pourtant le motif même de mon expatriation en Angleterre : ce billet s'est donc bien fait désirer ! 

En septembre 2016, j'ai donc entamé mon Bachelor of Arts (BA) en langues vivantes et sciences politiques à l'Université de Leicester, au Royaume Uni. C'est un cursus en quatre ans : les deux premières années se font à Leicester, la troisième année se fait à l'étranger, et la quatrième et dernière année de retour à Leicester. J'ai fini ma deuxième année en juin 2018 : je suis donc officiellement à la moitié de ma licence, et j'ai déménagé à Saragosse début septembre afin de commencer mon année Erasmus.

J'ai effectué une année à l'université en France avant de partir, j'ai donc un point de comparaison. Attention, cet article risque d'être très long, j'ai essayé de détailler mes propos le plus possible !


Pourquoi je suis partie ? & mon choix d'université

Je pourrais vous écrire un article entier sur les raisons qui m'ont poussées à partir et choisir l'Angleterre, et plus largement le Royaume Uni, comme destination pour continuer mes études... La raison principale de mon départ est que je voulais quitter la France à tout prix, pour des raisons personnelles mais aussi académiques : honnêtement, le système éducatif français ne me comblait pas au lycée, et je savais que le supérieur ne me conviendrait pas plus - une année à la fac française a d'ailleurs confirmé mes peurs. Le choix d'étudier en Angleterre était logique pour moi pour tout un tas de raisons, mais c'était quand même une décision mûrement réfléchie et non pas prise sur un coup de tête.

Une fois le choix de pays fait, j'ai du m'atteler à la recherche d'universités et de cursus qui me plairaient. J'ai arpenté les sites des universités anglaises et écossaises tous les jours pendant des semaines pour dénicher la licence qui me conviendrait le mieux. J'ai fini par me décider pour trois universités anglaises et deux écossaises : Exeter, Lancaster, Leicester, Aberdeen, et Edimbourg, pour étudier dans tous les cas une majeure/mineure espagnol/sciences politiques. J'ai été acceptée à Exeter, Lancaster et Leicester, et après mûre réflexion j'ai choisi Leicester, tout simplement car je préférais le cursus et la ville me paraissait très sympa par rapport aux deux autres !


Ma première année

Spoiler : j'ai absolument adoré ma première année ! Malgré une fin d'année scolaire chaotique (on y reviendra), je n'aurais pas pu rêver mieux comme "nouveau départ". Évidemment, l'année a été faite de hauts et de bas, mais globalement je ne retiens que du positif de cette première expérience en tant qu'étudiante étrangère en Angleterre.

J'ai emménagé dans ma résidence étudiante (appelé "halls of residence" ou juste "halls") le 24 septembre 2016 - je m'en souviens comme si c'était hier. L'université de Leicester a deux types de halls : Oadby Student Village, qui est là où les étudiants de première année vivent en général et qui se situe à dix-quinze minutes en bus de l'université, un peu excentré, dans une partie de Leicester qui s'appelle Oadby ; et City Living, une série de bâtiments qui se situent dans la même rue que l'université, pour les étudiants plus âgés. J'habitais à Oadby et je partageais un appartement avec cinq autres étudiants. Je devais partager ma cuisine mais j'avais ma propre salle de bains ce qui était vraiment super ! Vivre un peu excentrée du campus m'a permis de me créer une routine qui m'a bien convenue, en séparant ma vie étudiante de ma vie "à la maison" : je partais à l'université le matin et j'y passais la journée, à aller en cours et travailler à la bibliothèque, et une fois rentrée le soir je laissais ma vie universitaire de côté (à l'université justement) et je me consacrais à des activités plus "normales" comme regarder des séries, aller au pub, etc. Et de ce fait, je voyais plus ma chambre comme une zone de détente plutôt qu'une zone de stress !
Moi qui suis très timide, je suis pourtant devenue amie très rapidement avec tous mes colocs et ma vie sociale a passé un vrai cap avec ce déménagement : si en France j'étais très casanière et ne sortais pratiquement jamais, en Angleterre j'ai passé énormément de soirées au pub avec mes amis, dans des clubs à m'amuser, et dans notre salle à manger à regarder des films et manger des late night snacks. Et puis, évidemment, comment ne pas mentionner l'amoureux anglais que j'ai rencontré en février de ma première année grâce à un de mes colocs et qui rend encore aujourd'hui ma vie bien plus lumineuse ❤

J'ai adoré vivre à Oadby, et quand parfois je repasse devant le bâtiment où j'habitais je suis prise d'une certaine nostalgie en repensant à tous les bons moments que j'ai passé là-bas !


Académiquement parlant, j'ai réussi à m'adapter assez rapidement. Mes trois matières principales (français, espagnol, et sciences politiques) avaient chacune plusieurs modules : en français, j'avais un td de français écrit, un td de français oral, et un td d'histoire culturelle, que l'on devait choisir parmi une liste donnée. Même chose en espagnol ; pour les sciences politique, les heures étaient réparties entre amphi et td. En tout, je devais avoir environ douze heures de cours par semaine, autrement dit rien du tout par rapport aux heures de cours françaises ! C'est un point qui fait beaucoup rager les étudiants en humanités (littérature anglaise, langues étrangères, histoire etc.) en Angleterre : à £9.000 l'année, on s'attend à avoir quand même plus de cours que ça. Les étudiants en médecine par exemple, qui sont en cours 20 à 25 heures par semaine, en ont plus pour leur argent. Les cours d'amphis sont assez similaires aux cours français mais les td sont différents, en terme de contenu et surtout de taille de la classe ! Si en France nous étions 35 la plupart du temps, à se battre pour une chaise, en Angleterre les classes ne dépassent pas les 15 élèves. La charge de travail pour moi est plutôt normale, chaque prof nous fournit une bibliographie avec de la lecture à faire de semaine en semaine, des livres à lire et de la prise de notes dans le cas des modules de littérature. En Angleterre, la première année "ne compte pas", c'est à dire que les notes que l'on obtient ne comptent pas pour l'obtention du diplôme final. Ce qui veut dire que c'est une bonne occasion pour les élèves d'expérimenter au niveau des modules, peut-être choisir des td avec lesquels ils ne sont pas forcément à l'aise pour s'améliorer sans crainte d’obtenir des mauvaises notes.
La transition entre le système d'évaluation français et celui anglo-saxon a été très facile pour moi. Je m'étais renseignée en amont sur le système d'évaluation et je le trouve beaucoup plus pertinent et efficace que le système français. A l'université au Royaume Uni il y a trois manières d'évaluer les élèves : les présentations orales, les essays, et les examens finaux, qui sont des contrôles de connaissances purs et durs. Personnellement j'ai une (grosse) préférence pour les essays, qui a pour but d'évaluer notre manière de penser, d'argumenter, plutôt que notre mémoire.

Le soutien que l'on reçoit du corps académique et administratif en Angleterre est incroyable comparé à la France. Évidemment, il faut être autonome, on ne nous tient pas la main pour nous guider, mais le support est présent. Si un problème administratif survient ils est réglé très rapidement (un mail envoyé un lundi soir aura une réponse le mardi après midi) et les profs sont tous très ouverts et disponibles.

Comme je le disais plus haut, ma fin d'année a été entachée par le fait que j'ai échoué à un de mes examens de politique. J'ai du le repasser début septembre et ça n'a pas été une partie de plaisir de jongler entre révisions et job étudiant l'été dernier ! Mais c'est là que la disponibilité des profs entre en jeu : dès l'annonce des résultats, j'ai contacté le prof responsable du module qui m'a répondu dans les dix minutes suivantes pour m'expliquer ce que j'avais raté et me proposer de nous rencontrer si j'en ressentais le besoin. Au final tout s'est bien terminé, j'ai réussi l'examen de rattrapage et j'ai fait mon retour à Leicester pour entamer ma deuxième année en septembre 2017 !


Ma deuxième année

Contrairement à ma première année, je tiens un bilan plus mitigé de ma deuxième année.

En Angleterre en général, les étudiants vivent en résidence étudiante pendant leur première année et emménagent ensuite en colocation avec leurs amis dans une maison les deux années suivantes. C'est ce que j'ai décidé de faire : avec un de mes colocs de première année et quelques uns de ses amis, nous avons décidé de louer une maison, pour six personnes. Ça n'a pas été l'idée la plus brillante que j'ai eue, mais j'en aurai au moins tiré une leçon : je ne suis pas faite pour la vie en coloc' ! La maison n'était pas dans son meilleur état, je ne me suis pas entendue avec un de mes colocs, et ils étaient dans une mentalité étudiante de "je rangerai plus tard, je ferai la vaisselle plus tard, je nettoierai plus tard" ce qui a rendu la cohabitation un peu pénible pour moi. Mais j'ai par contre adoré ma chambre dans laquelle je me sentais vraiment chez moi et super cosy !

Niveau études, j'ai adoré mes cours cette année aussi, et j'ai particulièrement aimé mes cours de politique qui étaient super intéressants. J'ai réussi à finir l'année avec un first (j'expliquais ici le système de notation anglais) ! La charge de travail n'était pas forcément plus importante mais j'ai travaillé beaucoup plus et passé plus de temps à la bibliothèque que pendant ma première année. En Angleterre, on dit souvent que "la première année ne compte pas" : en gros, les notes qu'on obtient ne seront pas prises en compte pour la note finale du diplôme. Du coup, pour moi, seules les notes de la deuxième à la dernière année comptent - les notes de la deuxième année comptent pour 20%, celles de la troisième pour 30% et celles de la dernière pour 50%. Et avoir obtenu un first en deuxième année est super pour ma note finale !

Cette année a aussi été marquée par de l'anxiété. Beaucoup d'anxiété. Je ne sais pas pourquoi, mais mes niveaux de stress cette année ont atteint un nouveau record et ça a été très handicapant pour moi. Je pense que le fait de savoir que cette année comptait et que j'avais besoin d'avoir des bonnes notes a peut-être enclenché ce stress, mais mon anxiété à ce jour reste très haute et me prend n'importe quand et pour n'importe quoi (même quand je n'ai pas besoin de m'inquiéter). J'essaye de travailler sur ce point mais j'ai encore pas mal de chemin à parcourir !


Mon ressenti

Au final, quelles sont les conclusions que je tire de ces premières années en Angleterre ? Et bien, déménager pour poursuivre mes études a été la meilleure décision que j'aurai pu prendre. Évidemment, je ne dis pas que le système anglais est parfait, loin de là, mais pour moi et mes besoins, ainsi que la manière de travailler, il est plus adapté que le système français. J'adore mes cours et mon diplôme, j'ai rencontré des gens formidables, et je suis très épanouie. J'adore l'Angleterre qui est devenue ma terre d’accueil et dont je ne me vois pas repartir, malgré le brexit. Les bas incluent cependant le stress que j'ai ressenti toute l'année ma deuxième année, et quelques désaccords avec mes colocs - mais je n'y peux rien, on ne peut pas s'entendre avec tout le monde ! Au delà de l'aspect académique, déménager à 18 ans dans un nouveau pays, seule, m'a fait prendre conscience que je suis capable de bien plus que ce que je ne croyais. En gros : je ne pourrai pas être plus heureuse aujourd'hui !
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Et vous, dans quelles conditions s'est passée votre expatriation ? xx